Les Mémoires de Toussaint PICARD, présentées par son petit fils Dominique.
Merci à lui.
Mai 2006

![]()
A.M.Dilly
+
Tours le 26
juillet 1916
Me voici bientôt sur le point
de partir à mon tour au front, depuis si longtemps que je le désire, voici
enfin.
Depuis le 9
Janvier 1916
Depuis quelques jours
j’attendais avec une certaine impatience ma feuille de route.
Elle vint enfin un après-midi
« ma condamnation à mort » me dit le brave facteur qui me l’apporta.
Je
devais
me mettre en route le 9 Janvier pour me rendre le même
jour au dépôt du 66 à Tours. Je fis mes adieux pendant les quelques jours qui
me restaient à passer chez moi. J’étais content de partir, mais cependant avec
un peu d’amertume au fond du cœur ; ce qui faisait ma joie c’était l’amour
propre que j’avais d’aller, moi aussi porter l’habit militaire et défendre la
Patrie.
Le 9 était un dimanche, j’avais
fait mettre le matin mes ballots chez mon oncle Emile Berthelot, et passé midi,
je vins chez lui pour le départ, il m’accompagna à la gare où une foule de
conscrits bruyants attendaient la départ de train. Après les adieux je me
mêlais à cette foule tapageuse cherchait en vain quelqu’un que je connus ou qui
me parus plus réservé que les autres. Peine perdue. Je montai dans un
compartiment au hasard, où je trouvais quelques recrues pour le 66 mais
insignifiants.
Pendant le voyage ce fut un
tumulte que j’ai peine à imaginer. Je m’ennuyai un peu.
Quand nous arrivâmes à Tours
il était nuit close. Nous débarquions au milieu d’un brouhaha fantastique, 46
par ici, 29 chasseurs par là etc. enfin un cuirassier nous guidait, nous
faisait faire des tours et détours au milieu de la ville, il menait derrière
lui une foule tumultueuse qui criait et chahutait d’une façon que je n’avais
pas l’habitude d’entendre.
A la caserne on nous ?
d’ici ? à l’autre mais enfin ce fut assez vite fait . On nous conduisit
dans nos chambres où un ? Je n’étais pas trop mal partagé ? ?
voisin qui étaient gentils mais quelques types déguigandés le milieu
par ? ?de grossièreté et de…
Le lendemain nous nous
installions, puis vint l’exercice sans armes où on nous apprit le garde à
vous ? Etc.
Les premiers jours nous ne
sortions pas, je commençai à m’ennuyer de cette monotonie où je ne trouvai pas
un ami, personne à qui je pus parler, dire ce mot. Le dimanche suivant enfin,
nous sortions ; mes premiers pas, je les dirigeais vers la basilique St
Martin.
Je servais une messe militaire
douze heures trente minutes je m’aperçus que je n’étais pas seul et alors
quelque connaissances se firent, puis ce fut tous les jours sortie et à cette
heure tous les jours me dirigeait toujours au cercle où je me fis des amis et
où je pus connaître, apprécier et aimer l’excellent aumônier militaire Mr
l’abbé Russard.
Les jours se passaient, notre
instruction suivaient son cours, se compliquait et je n’avais toujours pour
amis que le cercle de la rue Baleschoux et l’excellent abbé qui la dirigeait.
Puis, un jour on demanda ceux
qui décidaient se présenter au concours d’élèves aspirants, je risquais ma
demande qui fut enfin agrée après une série interminable de revues devant le
général et combien d’autres autorités.
Après un certain temps on nous
fit suivre une instruction spéciale, et enfin on nous assembla pour le peloton
et le concours. Dans l’ancienne caserne Guise (?) là je rencontrais nombres
d’amis et la vie plus active et plus sérieuse que la caserne.
Je la trouvais également
changée quant à la moralité nous pouvions aller à la messe le dimanche entre 6
et 8h ce qui permettait de communier plus facilement. Pendant 8 jours on
travaillait pour le concours c’était une vie de collège en caserne ou les
heures d’études à amélioré aussi formes d’exercices et de gymnastique.
Le concours passé on délaissa
les livres sauf la théorie que nous devions apprendre tous les jours pendant
une heure.
Les heures d’exercices étaient
(…) et bien remplies.
De bons (…) nous commandaient
et une bonne camaraderie régnait entre nous. C’était la vie de caserne
idéalisée, en fait et plus que la camaraderie, une amitié unissait beaucoup
d’entre nous.
Malheureusement le bonheur ne
dure pas et la dislocation du peloton fut vite arrivée.
Après une permission de 4
jours à Pâques, quand nous eûmes les résultats de l’examen, beaucoup nous
faisaient tristes mines (…) Quand je sus
que j’avais échoué, je me consolais tant bien que mal mais un vilain cafard me
prenait tout de même et que songer (…) retour dans une caserne dont je
détestais la vie et les habitudes, alors que je laissai un doux passé de deux
mois bien remplis et bien agréables. Mais la fin de ce peloton fut assombris
par une petite histoire qui eut peut devenir plus grave encore par la
maladresse d’un sous-officier qui se croyait échoué.
De
retour à la caserne (…une bonne partie du
texte est ici illisible)
(… le début de la page est illisible)
Le cafard me prend donc et ne
me quitte que lorsque (…) d’aller en cantonnement à Restigné fut (…) (?) avant
Le départ fut remis plusieurs fois. Pendant tout ce temps je ne (…) qu’une
chose tout le jour c’était de voir vite arriver cinq heures et aller passer
quelques heures (…) au (…) au pied de la Ste-Vierge. D’ailleurs nous étions
dans le noir. Là il faisait vraiment bon, et quels moments agréables j’y
vivais !
Séjour à Restigné.
Après deux jours de va et
vient à l’intérieur de la caserne. Deux jours passés à faire et défaire les
ballots, ranger chaque chose en un tas puis …en un autre. Deux jours de flemme
et de fatigue à la fois (…) ni quoi faire, ni comment faire, un (…) midi nous
chargeons des voitures de ballots et de caisses on les emmène à la gare. Le
soir, revue du commandant qui nous adresse des recommandations bien sages
certes mais qui pour beaucoup devaient entrer par une oreille et sortir par
l’autre. Le lendemain, tous (…) sous la pluie, (…) à 7h.
Le train est en marche vers la
liberté pensais-je. Nous arrivions vers 9h ½ à la gare de La Chapelle s/Loire.
Là, mon nouveau commandant nous attendait : il me fait une impression
indécise, je ne savais trop comment le qualifier grand et bien taillé, la barbe
grisonnant à l’impériale, de petits yeux enfoncés au fond de cavités couvertes
par d’épais sourcils lançait des regards vifs et durs de chaque côté.
Il allait et veniat sur son
cheval et parlait haut et ferme. Après une heure de marche nous arrivons enfin
à Restigné gentil petit village bien allongé sur un petit coteau émergeant
quelques mètres au dessus de la vallée basse et plate de la Loire. Nous
faisions la grand’halte sur les places bien ombragées et nous déjeunions.
Ensuite on nous désigne nos cantonnements.
On m’avait donné une lettre
pour une personne que certes je ne connaissais pas mais je désirais bien faire
sa connaissance
(changement d’encre, pour du crayon de papier et de sujet).
Guerre de tranchées (269eme
RI. 70 DI Général Fayolle, 33eme CA Général Leconte)
Journal
Ravin des Peupliers 25 février
1917 (Entre parenthèse Libertuis ou
Libertaud est barré)
Depuis Mercredi soir (21) je
suis aux tranchées.
La compagnie est de réserve et
s’occupe des travaux. Le dégel est cause d’éboulements qu’il faut nous mêmes
relever. Toutefois c’est peu de choses, on ne nous harcèle pas trop de
torpilles ou d’obus.
Le jour on travaille dans les
boyaux, tous les soirs nous faisons des corvées pour la 17 (j’imagine qu’il s’agit de la 17eme compagnie
du 269 RI) et la nuit chacun prend une heure de garde ; voilà notre
occupation journalière. Nous avons des bottes, ce qui nous tient les pieds un
peu plus secs, car on n’y résisterait pas avec nos brodequins.
Ce n’est plus la vie du dépôt.
On vit dans une saleté repoussante n’ayant pas d’eau propre pour nous laver.
Aujourd’hui je me passe de messe et de communion, j’offre alors mon travail.
J’ai reçu une lettre de cette
excellente Mme Chantoireau (?), quel bonheur d’avoir de bons amis !!Elle
me dit que l’abbé Rutaud (?) ne reçoit rien de moi, et en effet (...) (…) où j’ai été aussi fainéant pour ne
pas lui écrire, lui qui m’aimait tant, je m’en veux beaucoup, je pense qu’il me
pardonnera bien. Quels beaux vœux il a exprimés pour les poilus à l’occasion.
(...) Je les ais gardés (…) maintenant que je suis un poilu
27 février 1917
Hier soir nous (…) avons été
obligé de travailler de nuit à cause des bombardements. Nos ennemis nous
avaient fait subir dans la journée les torpilles et les bombes furent les seuls
engins qu’ils nous lancèrent, quelques unes sont tombées dans les boyaux et
deux sur le poste du capitaine de la 17, l’une près de l’entrée a complètement
comblé le boyau, l’autre tombant sur l’abri même ne l’a pas (…) Repos ce matin,
et je m’en trouve bien, je suis déjà un peu fatigué, cependant je ne fait
qu’arriver ; combien il est dur de faire la guerre !
Quand plaira-t-il à Dieu de
nous (…) la paix, il est vrai que nous ne la méritons guère ! Bien peu
savent reconnaître les droits de Dieu. Aussi quelles conversations ! même
là où l’on devrait se tenir bien prêt à mourir : l’habitude du danger le
fait disparaître, il n’y a qu’à l’heure où l’on voit les obus ou les torpilles
de trop près qu’on réfléchit un peu ; pauvres (…) ! S’ils savaient
combien il est plus doux de vivre en l’amour de Dieu, combien on est plus
tranquille et plus heureux, avec lui peut-on craindre la mort !
28 février
Première nuit au créneau.
Hier soir nous sommes montés
en toute première ligne pour relever la 17e, les Boches n’ont cessé de
nous tirer dessus et pourtant sans motif. La
1er
Mars
Nos voisins se sont calmés un
peu cette dernière nuit, mais ils tiraient plus juste.
Je pense qu’ils visaient
nos (…) pour empêcher les travaux de nuit, mais eux-mêmes doivent avoir besoin
de notre indulgence pour relever leur boyaux, parfois ils passent à
découvert----C’est tout de même une chose horrible que la guerre, vivre ainsi
retranchés comme des rats, ne sortant que la nuit ; dans une saleté
repoussante, n’ayant pas d’eau pour se laver, on est obligé de garder le boue
et la crasse sur soi, les puces habitent sous les abris et nous empêchent de
dormir. L’air des abris est infect et humide.
8 Mars (Bitry)
Au repos depuis mardi soir nous
avons été remplacé par la 226. Sur notre droite dans le secteur de la 18e
nous avons fait un coup de
main dans la soirée du 3. Pas mort ni blessés mais on n’a rien rapporté…Il
neige maintenant et ceux qui nous ont remplacé ne vont pas y être heureux par
ce temps.
12 Mars 1917
Nous allons travailler en
ligne ces jours-ci, nous nettoyons les boyaux et les tranchées qui s’éboulent
beaucoup. Ce matin je suis parti avec la 18e pour une corvée pour
les crapouillot ; nous avons monté 400 torpilles de 18 Kg-emplacement du
boyau de Vienne- Nous avons été obligé de les porter à découvert le boyau de
Vienne n’étant pas du tout praticable il est très éboulés et il y en a qui le
relèvent mais il s’éboule à mesure.
Le 8 au soir en faisant ma
visite à l’Eglise j’ai assisté au premier Salut du St S ici.
Le 9 au soir j’ai pu faire
connaissance avec notre aumônier, très aimable et à portée de sa tâche étant
déjà aumônier militaire à Niort avant la guerre. Qu’il fait bon de vivre un peu
religieux quelques jours, les Salut sont beaux tous les soirs ; mais si je
pouvais donc communier tous les jours combien se serait plus beau. Pourquoi ne
communierions-nous pas en viatique (?) le soir au Salut puisque le matin nous
ne sommes jamais libres ? Il faudra donc que j’essaye d’en parler. Si on
me comprend, quelle joie, quel bonheur ! Jésus aidez-moi !
19 mars 1917
2h matin Libertuis (sur la carte au Nord de Bitry on localise
une Carrière Libertreux, pas loin de Moulin sous Touvent) -Boyau central
Nous sommes partis hier de Bitry
sous le coup d’une alerte. Où allons-nous ? La 226 nous précède, les
boches reculent, il faut les chercher mais où ? Moulin sous Touvent
est évacué. Résultat des prises de Lassigny et de Noyon.
D’ici, cette nuit nous voyons
nos fusées qui paraissent éloignées. Notre 1ere (?) ligne ne doit pas être
assez près encore. Aucun bruit de canon se fait, les fusils ne servent plus.
Hier trois avions boches sont venus survolés Bitry. Ils ont jetés des bombes
sur nos batteries, sans doute pour protéger la retraite.
Midi
Nous avons avancé depuis ce
matin à 3h à travers les lignes boches, trajet qui s’est effectué sans aucune
difficulté même à travers les réseaux de fils de fer. Leurs tranchées étaient
beaucoup plus négligées que les nôtres et je ne m’étonne plus qu’ils pouvaient
passer à découvert ; nos obus avaient fait beaucoup plus de travail que
les leurs dans nos lignes. Nous avons pris aussitôt passés la route de Vic à
Noyon.
Elle est en bon état dés la
sortie des lignes. Un (…) longeait cette route mais il est détruit en grande
partie.
Nous sommes arrivés à une
ferme dont j’ignore le nom (En marge
difficilement lisible « ferme le Tiolet », qui existe sur la carte)
un peu à l’est de la route que nous suivions d’abord.
Cette ferme est complètement
détruite par nos obus à 3 km après les lignes, là se fait la relève, nous
prenons les places du 226 dans les tranchées derrière la ferme. Nous faisions
une patrouille dans le ravin qui se trouve devant nous, des emplacements
d’artillerie non épargnés par nos pièces, les abris ont été évacués. Il reste
encore des caisses vides, des cartouches, des paillasses, etc…le feu a été mis
à plusieurs et à notre gauche il en brûle encore un.
Je trouve des casques, des
capotes, des outils, des pétards sont encore là sous des feuilles (?).
Nous voyons une patrouille de
spahis sur la crête en face.
Les chasseurs sont partis à
Belloy (petit lieu dit 1km nord-est de la
Ferme) à 10 h, en suivant le ravin, nous les voyons déjà escalader la crête
où nous avons vu les spahis, nous irons sans doute les rejoindre.
20 mars
Trosly-Loire
Nous sommes avancés hier soir. De la ferme Tiolet par un
ravin Belloy Le Mesnil (à l’est
d’Audignicourt), 2ème position boche où étaient les batteries
pour qui (?) tous ces villages ont été affreusement bombardés ; les boches
ont coupés tous les pommiers dans les vergers et nous voyons les villages
brûler, nous avons passé la nuit sur la crête entre Le Mesnil et Saint Aubin.
Ce matin à cinq heures, nous
avons repris la marche, nous sommes entré dans St Aubin où les habitants tout
heureux de nous voir ne trouvaient plus la parole pour dire leur joie. Le
pillage boche y était …Nous avons fait la pause sur la place publique et tout
près les gens nous avaient préparés du jus pour remplacer celui que nous
n’avons pas bu ce matin, mais sans sucre, ils n’en ont plus ; leur pain
est noir et immangeable et la ration insuffisante.
Ils disent que les boches ne
traînent plus, la faim les presse et eux-mêmes commençaient à mourir de faim et
de jeûne. Incendie de Trosly brûlée, nous y attendons la soupe.
La voie ferrée de Laon
détruite.
La route coupée en maints
endroits.
22 mars 1917
Le Vallon [il y a un lieu dit Wallon tout prêt de
Trosly]
Les boches semblent arrêtés ici derrière le canal de l’Oise
à L’Aisne et la vivicresse la Lesse (?), à notre gauche. Ils sont derrière
nous. Depuis hier matin ils ont cessé de tirer sur Trosly, ils visaient surtout
la route. Par bonheur, nous avons passé l’autre nuit dans le ravin sud de
Trosly où nous nous sommes fait des abris sommaires avec des débris du village
et nos toiles de tentes.
Hier matin, j’allais avec
plusieurs au village chercher des matériaux pour consolider nos abris quand une
rafale d’artillerie nous prend : un petit éclat au bras et la lèvre
écorché et j’en suis quitte.
Un incident plus grave se
produisit hier soir.
A peine revenu d’une corvée au
village, qu’une rafale de 105 balaye la côte, puis tombe dans le ravin.
Aussitôt ceux qui s’y trouvaient de monter à mi-côte aux abris qu’ils croyaient
meilleurs. Un éboulement se produit deux énormes blocs de pierre se détachent
et beaucoup de petit, quatre tués le caporal Fourrier Bateriaut (?) le crâne
entr’ouvert était debout contre un bloc, les trois autres ensevelis dans leur
abri sont trois caporaux ; plusieurs blessés dont un infirmier à la tête
et un sergent qui était pris sous un bloc. Triste journée-Dieu ait pitié de
leurs âmes.
Nous sommes partis hier soir
après la soupe de ces sinistres positions pour remplacer le 6ebon
en avant.
Nous avons contourné le
village et sommes arrivés ici prudemment à découvert, dans un petit bois où le
6e avait pris position, de légères tranchées étaient déjà établies
sur la lisière, nous les continuons…
23 mars
…Devant nous le canal de
l’Aisne à l’Oise. Nous envoyons sans cesse des patrouilles. Avant-hier une
tentative de passage de pont a échoué. Cette nuit nous avons tenté la même
opération après un violent bombardement de 75 puis des patrouilles ont reconnu
le terrain, une mitrailleuse a pris position pour protéger le passage, mais
l’endroit est déjà bien repéré par les deux artilleries, nous attendons à ce
soir pour tenter le passage de concert avec le 6ebon et
le 4e chasseur à pied qui vont nous relever.
En avant sur notre droite le
village de Guny dont nous apercevons les toits, il serait miné parait-il et non
encore sauté.
Je doute que nous soyons
repérés malgré les avions qui nous survolent de temps en temps.
Jules m’envoie de Limoges de
quoi passer agréablement mon temps et de quoi en attirer quelques uns au bon
Dieu -par les trois Ave Maria- Et Mme Chantoireau (?), cette amie inoubliable,
m’envoie un premier numéro de « Frères d’Armes » ; tout cela
consolations spirituelles qui me feront beaucoup de bien en même temps que je
pourrai faire lire aux autres.
1er
Avril
Relevé
immédiatement après le passage du canal nous sommes allés au repos à Selens,
village non détruit et habité immédiatement après le passage de la route une
rafale de 105.
Il était temps. Le 25 messe à
l’Eglise de Selens, salut solennel où notre aumonier divisionnaire nous
présente le drapeau du sacré cœur de la division Selens…Trosly-Loire (ravin)
2jours_ Pierremande et Barisis aux Bois- 6 jours.
Dernier soir installation d’un
petit poste à 500m de la sucrerie, d’où 2 postes-lendemain matin coup de main
boche par la sucrerie sur le 360.
Le bombardement assez violent
obligea les petits postes à se replier- Repos à Quierzy sur Oise (3 avril)
5 jours puis en réserve à
Pierremande
5 jours où travail de
retranchement en avant du village. Nous avons trouvé un cerf pris au collet en
faisant les piquets pour barbelés dans la forêt. J’ai pu assister 2 fois à la
messe dans la petite chambre de l’abbé Goudaud.
14 avril
Nous partons ce soir en avant
poste en réserve
25 avril
Le 19 nous sommes descendus à
Pierremande puis le 20 nous sommes remontés plus au Nord sur les mamelons
d’Amigny-Rouy, mon secteur (?) rince(??) le (?) mammelon sud de la route, bons
abris ou le (…)
Nous sommes fréquemment inondé
(?). Pose de réseau de fil de fer. Fabrication de prison (?)- Les mamelons
boisés ont tous les arbres abattus sur leurs flancs - Observatoire
d’Artillerie. Pour passer le temps, je fais un peu de sculpture sur bois.
Descendu le 25 au soir à
Marizelle (pas de Marizelle sur la carte
mais un lieu-dit Marizet qui pourrait correspondre). De Marizelle à Saint
Aubin -2 mai.
30 avril
Prise d’armes ce matin à 9h
X
25 mai
Retour de permission, trouve
la Cie en ligne en avant de Rouy. La 2è section sur la pointe d’un éperon-
secteur calme.
2 juin
Relève à Selens, le 3 Mai (?)
vers Estrée-Saint-Denis [Oise]-2 jours-
le 5 à Lachelle - Repos Exercices Musiques concours Offices
religieux messe pour la 19e Fête du sacré cœur- Photos.
22 départ en autos passe Compiègne Soissons Braisne.
De Braisne nous montons à pied
le soir à Chavonne où sont les sacs- La nuit aux carrières au dessus-
23 montons ce soir.
6 jours de premières lignes.
Le 29 dans la nuit nous perdons Rudet.
Tué net par un obus qui blesse
Aupy et Bilard- Bilard meurt à l’ambulance
Descendons à Soupir-6 jours-
Montons pour 6 jours en réserve pour Ostel
Attaque boche le 8, violent
bombardement
Caporal Audouin blessé très
grièvement meurt avant le poste de secours.
Montons le soir relever la 17e.
L’artillerie est toujours active des deux côtés.
Le caporal Ognon est tué en
faisant la relève.
Chastel est tué le lendemain
au barrage en larguant des grenades. Descendons après 5 jours relevés par le
360, aux arrières de la Cour Soupir.
Le 10- Le 16 nous remontons 4 jours- Le 21 relève sur Braine.
23- Départ permission- Rnt dirigé pour repos par étapes vers
Villers-Cotterets
6 août 1917 retour de permission par Gray-Vesoul – Lure, nuit à
Lure.
Dirigé à pied sur Aillevans
puis Villersexel bon repos- prise d’armes le 19 reçois la croix de guerre
–manœuvres –concours divisionnaire de spécialités
23 départ soir Secenans 1 nuit 24 Echenans 25 Bavilliers
puis Belfort à 8h le matin promenade à Belfort.
26 vers Buethwiller à 13h½ - travaux
28 légers bombardements d’une position anti-aérienne.
12 prend le secteur g réserve à Falkwiller
18 soir montons en réserve de bataillon secteur de
Gildwiller dans le bois au Nord travaux génie barbelés
19 matin coup de main boche sur la Criette (?)
(changement d’encre)

Régiment dissous le 20 janvier
18. Le 6e Bon passe au 226 qui (…) 5 Bons Le 9e
relevé par le 114e Bon C.P. qui désormais comptera pour
nous à la division.
Nous quittons le secteur de Balschwiller
et venons directement à Montreux-château, 2 jours repas de la section au
restaurant de la Gare- Brebotte
apprenons la dislocation du Bon.
P.Gaudot (?) part pour 32e je suis affecté au 67e
le 24 j’apprends que je pars
pour l’aviation.
adieux.
Je pars pour Dijon.
Point Terminal
********
![]()
Contacter
le propriétaire de ce carnet.
Retour accueil retour page précédente